Lorsque vous vous retrouvez avec un enfant qui développe un mal être vis à vis de l’école, (sans forcément aller jusqu’à la phobie, pas besoin d’aller si loin pour qu’on ait besoin d’aide), vous avez plusieurs approches dans lesquelles vous aller investir plus ou moins d’énergie.

En général, on pense immédiatement à rechercher la source de ce mal être rapidement. On a souvent dans l’idée qu’il faut trouver LA source du problème et tout sera vite réglé.

En réalité il y a bien des cas où les sources sont multiples et complexes. Et cela rend la problématique particulièrement coriace à démêler.

Mais, quelque soit le ou les problèmes (harcèlement, ennui, violences, etc) il est certain que les stratégies que l’on va choisir pour les résoudre ne seront pas toutes du même ordre.

Certaines seront faciles à tenter, d’autres seront radicales, certaines ne nécessiteront qu’un effort bref, d’autres demanderont de s’investir de façon chronique, etc. Et tout ça induit une chose: il va falloir choisir où mettre notre énergie, selon ce qu’on s’autorise et ce qu’on se sent capable d’affronter.

Mais pour aller droit au but, sans passer par la case hypocrisie, soyons clair. Si notre enfant a un soucis avec l’école, cela ne se règlera que si on le prend au sérieux et qu’on recherche véritablement la solution concrète et efficace à son mal être.

Le dénouement de ce problème dépendra également de l’âge et de sa maturité émotionnelle. On ne devrait pas préconiser les même choses aux parents d’enfants de 3 ans qu’aux parents d’enfants de 12 ans par exemple.

Voici les 6 solutions qui s’offrent à vous. Attention, toutes ne se valent pas en terme d’efficacité et d’intégrité de l’enfant. A la fin de l’article vous avez un résumé et un schéma bref des différentes solutions.

1- Défendre les intérêts de l’enfant face au personnel de l’école

La stratégie la plus commune, presque obligatoire est celle du dialogue avec l’équipe enseignante. Car, quelque soit le soucis, il se manifeste à l’école et il concerne donc les adultes responsables qui y travaillent.

Vous aurez besoin de courage et de confiance en vous. Vous êtes seule, ou maximum deux, face à une équipe qui représente une institution colossale. Je vous souhaite alors que les personnes à qui vous allez devoir confier les soucis de votre enfant soient à l’écoute, qu’elles se sentent concernées et engagées. Sinon, vous allez entrer dans une incessante bataille de communication, voire plus si rien ne bouge.

En effet, il arrive que le dialogue ne suffise pas. Alors, si on ne choisit pas d’autres solutions, on risque fortement d’entrer dans une posture où on passera notre temps à défendre les intérêts de notre enfant face à des personnes qui ne l’entendent pas.

Vous multiplierez les rendez-vous avec la directrice ou la maitresse, vous échangerez des mots signés, et peut être montrez jusqu’à l’académie. Vous aurez peut être des parents d’élèves à rencontrer, régulièrement ou des démarches auprès de différents organismes. Cela demande, à vous et votre enfant, une certaine force de caractère pour tenir sur du moyen/long terme.

Si, par exemple, le soucis de l’enfant est qu’il ne supporte pas la violence et les punitions quotidiennes de l’institutrice, ou si, de façon plus général, le soucis est en lien avec l’attitude d’un ou de plusieurs adultes de l’école, tout devient plus délicat et on peut rapidement entrer en confrontation régulière.

Vous remarquerez que le soucis sera plus vite pris en charge si l’origine est le comportement d’un des élèves plutôt que s’il s’agit du comportement d’un des adultes. C’est comme ça partout, ce n’est pas propre à l’école, me direz-vous.

Parfois le dialogue ne résout pas le soucis de l’enfant même si les adultes de l’école tentent des choses. Mais, c’est une stratégie qui vaut souvent le coût et qui semble incontournable.

2- Trouver une autre école qui ne contient pas ce qui rend malheureux votre enfant

Cette solution est souvent envisagée lorsque d’autres tentatives n’ont rien donné et que le mal être de l’enfant persiste voire s’amplifie. Je pense même qu’on a tendance à l’envisager souvent plus tard qu’il ne le faudrait même si, évidemment, ce n’est pas pour rien que l’on peine à l’envisager.

On peut même y penser sans vouloir discuter avec l’école enseignante si, par exemple, nous n’adhérons pas aux valeurs et au fonctionnement de l’école et que l’on sait pertinemment que cela ne changera pas.

 » Être explicite auprès de l’équipe enseignante sur nos valeurs et les besoins de notre enfant permet de simplifier beaucoup de choses « 

Trouver une autre école s’avère souvent compliqué. Selon le lieu où l’on habite, nous n’avons pas pléthore d’établissements scolaires autour de nous et nous n’avons pas toujours les moyens financiers d’envisager une école privée.

Cela se réfléchit malgré tout. Malgré le coût financier, malgré la distance, malgré la nouvelle organisation que cela demandera, beaucoup de familles choisissent de changer d’établissement scolaire.

Cela demande du temps mais surtout une attention particulière sur les écoles envisagées. Il est bon que l’équipe enseignante sache pourquoi nous souhaitons scolariser notre enfant chez eux. Ils doivent au maximum connaitre son histoire (sauf si l’enfant s’y oppose et que ses raisons l’emportent) et savoir ce que vous recherchez.

Je ne crois pas à l’idée « ne leur disons rien, il faut leur laisser une chance ». En réalité, lorsque nous ne sommes pas au clair sur ce que l’on attend d’un échange d’intérêts, tout le monde est perdant, souvent. Être explicite (sur nos valeurs et les besoins de notre enfant) permet de simplifier beaucoup de choses.

Il y a de plus en plus d’écoles alternatives qui sont crées un peu partout. Toutes ne se valent pas, mais elles ont le mérite de proposer autre chose que le mainstream de l’école classique.

Avant le changement d’école, on a parfois la possibilité de demander un changement de classe, si le problème est spécifique à la classe et, surtout, si l’école possède plusieurs classes de même niveau, il suffit parfois de cela sans avoir besoin de changer totalement d’établissement.

3- Déscolariser votre enfant et l’instruire à la maison

Vous trouviez que changer d’établissement scolaire était un choix radical ? Voyons plus grand, et plus loin.

Il est encore possible en France, d’instruire nos enfants en dehors d’une école. Je nous souhaite que cela perdure, mais l’espoir est mince. En effet, au jour de cet article (décembre 2021), l’Instruction En Famille (IEF) est possible sous autorisation de l’académie avec des critères pour pouvoir y accéder.

 » Beaucoup d’enfants en phobie scolaire, ou subissant du harcèlement ou des formes de violences diverses, se retrouvent épanouis et apaisés en sortant du système scolaire « 

Si vous avez la chance d’entrer dans ces critères (ou même sans ça, rien ne vous empêche de faire une demande d’IEF), et si votre situation familiale (et votre état d’esprit surtout) vous permet d’être ouvert à cette possibilité, les soucis de votre enfant en lien avec l’école seront très certainement réglés directement, sans détour.

Beaucoup d’enfants en phobie scolaire, ou subissant du harcèlement ou des formes de violences diverses, se retrouvent épanouis et apaisés en sortant du système scolaire.

Déscolariser son enfant c’est accepter une charge assez conséquente, soyons clair. C’est s’engager pour le faire progresser dans l’acquisition du socle commun des connaissances, c’est faire en sorte qu’il y ait toujours un parent à la maison et potentiellement renoncer à un salaire.

Mais, dans la balance, parfois, cela vaut bien le coût, car à l’opposé, les bénéfices sont grands.

4- Lui faire consulter un psychologue

Lorsqu’un mal être s’installe chez notre enfant et, encore plus lorsque la cause est difficile à identifier, lui proposer de se confier auprès d’un professionnel empathique, ne peut qu’être une aide, parfois précieuse.

Rien que le fait d’être écouté, pris au sérieux et d’avoir un moment qui lui est totalement consacré ne peut que l’aider à reprendre une confiance et une estime qui était sans doute abimée par les soucis de l’école.

Pour maintenir la scolarisation

On peut choisir cette solution du suivi psychologique en se disant que ça suffira et en misant sur le fait que cela permettra à l’enfant d’apprendre à mieux encaisser les problèmes liés à l’école.

On la vu dans un précédent article, la pression sur les enfants est telle que leur scolarisation est presque obligatoire au bon fonctionnement de notre société toute entière. On voit alors des cas d’enfants au mal être profond sur lesquels on s’acharne à maintenir une scolarisation dans des conditions assez désolantes.

Du coup, comme on ne souhaite pas modifier l’environnement de l’enfant (pour diverses raisons), on va tenter de modifier l’enfant, comme si l’enfant était seul responsable de son mal être et qu’il devait changer.

En réalité, si le problème n’est pas apparu avec l’école et qu’il a toujours été là, si cela est en lien avec le tempérament de l’enfant ou des difficultés qui lui sont propres, effectivement, lui proposer un soutien psychologique parait tout à fait censé.

Mais si les soucis n’étaient pas là avant, un suivi psy risque fort d’être insuffisant.

Pour réussir à mettre en place des changements

L’appui d’un psychologue, son opinion et son statut de professionnel peuvent également nous aider à y voir plus clair et à trouver un élan, une énergie suffisante pour enclencher les changements et actions que ce problème demande.

Parce qu’en tant que parent, on se sent parfois non légitime, peu compétent pour savoir ce qui est bon de faire ou pas. Un psychologue compétent et empathique sera pour vous une aide, notamment face à l’équipe enseignante ou pour entamer les démarches nécessaires (changements de classe, d’école, de moyen d’instruction, etc).

5- Le laisser se débrouiller et croiser les doigts pour que ça passe

Stratégie peu efficace et peu empathique auprès de l’enfant mais beaucoup de parents minimisent le problème et, comme on pense souvent que tout problème fini par passer, surtout dans l’enfance, il arrive qu’on se dise la même chose sur les problèmes en lien avec l’école.

 » une habituation peut se mettre en place lorsqu’on vit des contextes de violences répétées où aucun secours ni issues ne nous est présenté. Mais les dégâts sur le mental seront bien là. « 

« Ça va passer ». « C’est l’âge ».

Non, ça ne passe pas toujours, ni facilement. Les manifestations extérieures peuvent diminuer due à la désensibilisation à la violence, puisqu’une habituation peut se mettre en place lorsqu’on vit des contextes de violences répétées où aucun secours ni issues ne nous est présenté.

Mais les dégâts sur le mental seront bien là.

Disons que c’est un risque à prendre. Espérer que cela passe vaut il le coût de prendre le risque que cela crée des dégâts chez notre enfant ?

6- Changer de mode de vie

On en vient à une décision radicale, qui s’inscrit en général dans un projet plus large que simplement régler les problèmes scolaires de notre enfant.

Partir, déménager, changer de type d’habitation et de mode de vie, etc. Tout ça impacte fortement chaque membre de la famille.

Les soucis à l’école peuvent être le déclencheur ou l’accélérateur de décisions. Parfois c’est en passant par une période difficile que l’on trouve l’énergie de réaliser de grands projets.

Tenter plusieurs de ces solutions

On peut également faire le choix de s’investir dans plusieurs des solutions précédentes.

Défendre les intérêts de l’enfant face au système scolaire tout en lui proposant d’aller consulter un psychologue.

On peut scolariser notre enfant juste le temps de faire valoir ses intérêts avant de pouvoir réintégrer une école qui proposera ce qu’il faut à votre enfant.

Etc.

Problèmes scolaires : EN BREF

Dans ce problème que vous rencontrez vous avez à prendre en compte que :

  • c’est ici, l’intégrité physique et mentale de votre enfant qui est en question.
  • tout le système est assez fortement verrouillé, de sorte que résoudre ce problème peut, dans certains cas, être délicat à résoudre.
  • tout vous pousse à garder votre enfant scolarisé
  • un problème demande parfois des solutions radicales, il convient de ne pas les écarter d’emblée.

Voici un schéma si on devait résumer les solutions des moins impactantes aux plus radicales :